Module 1: Accueillir et inclure les participant·e·s

Vous pouvez aider les participant·e·s à se sentir à l’aise et à préparer le terrain en vue de créer des relations sociales positives.

Réflexion :

Quelles stratégies utilisez-vous le plus souvent pour accueillir vos participant·e·s?

 

Pour commencer :

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Soutenir les personnes afin qu’elles se sentent bienvenues et incluses est particulièrement important lorsque celles-ci se joignent à une activité pour la première fois. Voici quelques stratégies pour créer une expérience d’accueil chaleureuse et inclusive :

  • Présentez-vous : indiquez vos pronoms, votre titre ou rôle, ainsi que vos affiliations, s’il y a lieu. Vous pouvez aussi partager une courte anecdote ou un fait vous concernant!
  • Souhaitez la bienvenue aux nouvelles personnes et engagez la conversation avec elles.
  • Situez les participant·e·s par rapport à l’expérience à venir, afin qu’ils ou elles se sentent à l’aise et inclus·e·s. Expliquez-leur la structure générale, le déroulement et les objectifs du cours, les types d’exercices proposés, l’aménagement de l’espace, l’utilisation du matériel, et présentez-les au personnel ou aux autres participant·e·s.
  • Partagez des conseils pour favoriser une participation optimale et exécuter les mouvements en toute sécurité.
  • Apprenez et répétez les prénoms des personnes. Au moment de l’inscription ou au début du programme, invitez-les à partager leurs pronoms si elles le souhaitent.
  • Offrez une aide individuelle en circulant dans l’espace pendant la séance pour répondre aux besoins particuliers.
  • Enseignement en mode virtuel
    • Approchez-vous de la caméra lorsque vous parlez aux participant·e·s et assurez-vous que votre image est bien visible (p. ex., en plaçant la caméra sur vous).
    • Cadrez bien la caméra de sorte qu’on puisse vous voir et, au besoin, voir le matériel utilisé. Pensez à montrer certains mouvements sous différents angles.
  • Enseignement en mode hybride
    • o Dans la mesure du possible, veillez à ce que vos démonstrations et consignes soient claires pour les participant·e·s en virtuel comme pour les personnes en présentiel. Il peut être utile de répéter ou reformuler certaines instructions afin de bien communiquer aux deux groupes.
  • Communiquez les attentes liées au fonctionnement du groupe et montrez l’exemple. N’hésitez pas à préciser les limites lorsque les interactions sociales deviennent distrayantes, afin que les participant·e·s sachent à quoi s’en tenir. Par exemple : « Pendant la période de récupération, merci de garder un volume de voix modéré. Si les conversations nuisent à l’écoute des consignes, je me permettrai de rappeler à tout le monde de baisser le ton. »

Pour aller plus loin :

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Offrir aux personnes des occasions d’interagir avec vous et entre elles contribue à renforcer le sentiment d’inclusion.

  • Accueillez et saluez les participant·e·s à leur arrivée (en présentiel et (ou) en virtuel). Utilisez leur prénom lorsque vous le connaissez.
    • Si le contexte s’y prête, prenez un moment pour leur demander comment se passe leur journée ou comment ils ou elles se sentent.
  • Montrez de l’intérêt pour les participant·e·s en leur posant des questions personnelles (p. ex., « Qui a des animaux à la maison? » ou « Quels sont vos passe-temps favoris? »).
  • Utilisez des gestes non verbaux pour renforcer la connexion, comme un high five (tape dans la main).
  • Intégrez des activités pour que tout le monde apprenne les prénoms des autres, par exemple, des jeux ou des moments où les participant·e·s se nomment mutuellement pour s’encourager.
  • Invitez les nouvelles personnes à participer aux conversations et aux activités. En virtuel, saluez leur présence même si leur caméra est éteinte afin qu’elles se sentent incluses dans l’activité ou la discussion. Encouragez-les à utiliser les réactions ou la messagerie pour participer.
  • Assurez un suivi personnalisé : revenez sur des éléments que les participant·e·s ont partagés à propos de leur vie ou de leurs expériences pour développer les relations.
  • Soyez authentique et partagez des détails sur vous (parler de vos expériences, histoires ou réflexions personnelles). Il est important de toujours garder en tête vos limites professionnelles et de ne partager que ce qui est approprié à votre rôle et à votre niveau de confort. Cependant, le fait de partager un peu de détails sur vous aide les participant·e·s à vous percevoir comme une personne entière, ce qui les encourage à leur tour à s’ouvrir.
  • Incluez des activités en groupe ou à deux pour favoriser les liens entre participant·e·s. Il peut s’agir d’inclure des exercices à faire en groupe ou à deux, si ceux-ci sont pertinents dans le cadre de votre activité, de prévoir des activités où les groupes poursuivent un objectif commun, d’incorporer des façons qui permettent aux personnes de s’encourager mutuellement pendant les pauses, ou encore d’effectuer des étirements en duo lors de la période de récupération.
    • Soyez attentif·ve au niveau d’habileté des participant·e·s : parfois, il est bénéfique d’associer des personnes de niveaux similaires; dans d’autres cas, le mélange des niveaux favorise l’apprentissage et le soutien.
    • Prévoyez une option en solo pour les participant·e·s qui préfèrent ne pas faire d’activités en groupe ou en duo.
  • Rendez-vous disponible pour répondre aux questions ou aux préoccupations. Par exemple, en mode présentiel : circulez dans la salle. En mode virtuel : invitez les participant·e·s à vous poser des questions ou à vous écrire en message privé pour demander une variation de mouvement. En mode hybride : assurez une présence auprès des deux groupes, par exemple en restant quelques minutes avant ou après la séance pour discuter.
  • Précisez quand et comment vous joindre. Par exemple : « Je suis disponible 15 minutes avant et après le cours. C’est un bon moment pour me faire part de vos besoins particuliers ou poser vos questions. »
  • Veillez à ce que chacun reçoive une attention individualisée, dans la mesure du possible selon la taille du groupe, sans isoler personne. Accordez une attention particulière aux participant·e·s moins expérimenté·e·s, moins confiant·e·s ou moins à l’aise, ou à ceux et celles qui ont exprimé des besoins précis. Proposez des variations de mouvement permettant à chaque personne, peu importe son niveau ou ses capacités, de faire les exercices correctement et en toute sécurité, puis de se sentir inclus·e·s. (Consultez les modules Montrer l’exemple en matière d’activité physique et Encourager pour obtenir plus de détails.)

FAVORISER LA CONFIANCE

 

Établir un climat de confiance avec et entre les participant·e·s contribue à créer un environnement inclusif et confortable. Cette relation de confiance se construit graduellement au fil du temps, grâce à diverses approches :

  • Partagez vos qualifications, votre expertise et votre expérience. Cela peut renforcer le sentiment de sécurité et de crédibilité, particulièrement auprès de groupes ayant des besoins précis (p. ex., blessure, condition chronique précise, etc.). Par exemple : « Vous êtes entre de bonnes mains aujourd’hui! Je donne ce cours depuis plus de 15 ans. »
  • Prenez part à l’activité avec les participant·e·s, lorsque c’est possible sans nuire à la qualité de votre enseignement, cela peut favoriser la camaraderie et renforcer la confiance.
  • Utilisez un langage clair et accessible. Évitez le jargon ou les termes trop techniques que les participant·e·s pourraient ne pas connaître.
  • Prenez le temps de vérifier comment se sentent les participant·e·s tout au long de l’expérience.
  • Communiquez que vous savez adapter les activités en fonction des besoins de la population ou des participant·e·s. Par exemple : « Si ce mouvement cause de la douleur, surtout pour ceux et celles qui ont déjà mal au dos, faites-moi signe, j’ai une version adaptée à vous proposer. »
  • Écoutez, montrez que vous comprenez et soyez attentif·ve aux besoins et préoccupations exprimés par les participant·e·s en lien avec l’activité physique.
  • Soyez attentif·ve à votre langage et à vos comportements pour favoriser l’inclusion et éviter les stéréotypes (p. ex., évitez de vous référer aux participant·e·s comme des patient·e·s, d’utiliser un langage genré ou de mettre l’accent sur des individus minoritaires dans le groupe). Évitez les microagressions (gestes ou paroles qui, même subtilement, indirectement ou involontairement, véhiculent des préjugés à l’égard d’une population donnée) liées à la capacité, à la race, au genre, à la classe sociale, à la silhouette, à la taille ou au poids, etc.
  • Ne commentez pas l’apparence, les vêtements, ni la silhouette des participant·e·s. Ne suggérez pas aux participant·e·s des raisons pour adopter une vie active en vue de changer leur apparence ou leur silhouette.
  • Aidez les participants à reformuler leur discours intérieur négatif. Par exemple, si une personne dit : « J’ai deux pieds gauches, ça va être catastrophique », vous pouvez formuler le message autrement : « Je ne connais pas encore tous les pas non plus, mais on va bouger et s’amuser avec ce qu’on a! »
  • Soyez conscient·e des éléments de l’activité et du contexte qui peuvent créer de l’inconfort ou des réactions négatives. Par exemple : les lumières tamisées, le contact physique, les bruits forts ou les effets visuels. Proposez des façons discrètes d’exprimer ses préférences, comme : « Si vous préférez ne pas recevoir de corrections avec contact physique aujourd’hui, placez simplement votre bouteille d’eau dans le coin avant gauche de votre tapis. »
  • Réfléchissez à votre position privilégiée que vous occupez (c’est-à-dire le pouvoir et les avantages non mérités dont bénéficient uniquement les membres de certains groupes en raison de préjugés systémiques liés à des caractéristiques comme la race, le genre, le statut socioéconomique, les capacités, l’orientation sexuelle, etc.) ainsi qu’à votre aisance dans les espaces où se déroulent l’activité physique, et reconnaissez que celle-ci peut différer de l’expérience des participant·e·s.
  • Pratiquez l’humilité culturelle. Engagez-vous dans une réflexion continue sur la manière dont vous pouvez écouter, apprendre, respecter et comprendre les personnes ayant vécu des expériences différentes des vôtres.

GÉRER LES COMPORTEMENTS COMPORTEMENTS PERTURBATEURS OU NON CONSTRUCTIFS

 

Il arrive parfois que certain·e·s participant·e·s adoptent un comportement perturbateur, excluant, ou qu’un conflit ou une divergence d’opinions survienne entre les personnes. De telles situations peuvent empêcher ou perturber le développement du soutien social au sein du groupe. Gérer ces situations, ou accompagner les participant·e·s qui y sont impliqué·e·s peut s’avérer délicat. Voici quelques pratiques à envisager pour préserver ou rétablir un environnement inclusif et bienveillant :

  • Établissez des lignes directrices et des attentes claires dès le départ afin de prévenir les conflits. Par exemple, les participant·e·s peuvent avoir des attentes différentes quant à la place que doit prendre la socialisation pendant une séance. Préciser ce qui est approprié dans le contexte de vos activités peut aider à éviter les malentendus.
  • Si un problème survient, il est important d’intervenir plutôt qu’ignorer celui-ci, en abordant la situation avec professionnalisme, respect et empathie. Par exemple, rappeler les attentes peut contribuer à résoudre la situation, en plus de démontrer que vous accordez de l’importance au respect des règles établies.
  • Abordez les conflits ou les problèmes en privé autant que possible, ou par d’autres moyens discrets, afin d’éviter que les personnes concernées ne se sentent exposées ou embarrassées.
  • Faites preuve de compassion et de compréhension face aux situations difficiles, en gardant à l’esprit qu’elles puissent être influencées par des facteurs ou des circonstances personnelles dont vous n’avez pas connaissance.

Activité d’apprentissage : Créer un environnement d’activité physique inclusif

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Le langage que vous utilisez, ainsi que vos comportements verbaux et votre langage corporel, jouent un rôle essentiel pour aider les gens à se sentir accueillis. Cette activité présente trois formes de communication inclusive et vous invite à réfléchir à la manière dont vous pouvez les mettre en pratique dans votre travail.

Partie 1 : Le langage inclusif

  • Utilisez un langage axé sur la personne. Par exemple, parlez d’« une personne vivant avec le diabète » plutôt que d’« un diabétique ». Le fait de mentionner la personne avant sa condition de santé met l’accent sur son humanité plutôt que de la définir par son état. L’usage d’un langage axé sur la personne est une bonne pratique, surtout lorsque vous vous adressez à un groupe de personnes ou lorsque vous n’êtes pas certain·e de la façon dont une personne souhaite être nommée ou identifiée. Cependant, les personnes ont des préférences différentes quant aux termes utilisés pour les désigner, et certaines privilégient d’autres formulations que le langage axé sur la personne. Si une personne vous indique comment elle souhaite être nommée, suivez toujours sa préférence.
  • Demandez aux participant·e·s comment ils ou elles préfèrent être nommé·e·s (par exemple, en utilisant leur prénom).
  • Lorsque vous utilisez un vocabulaire technique lié à l’exercice, ajoutez une explication non technique, afin qu’aucune personne ne se sente exclue ou incompétente si elle ne comprend pas le jargon. Par exemple : « Ce mouvement étire nos muscles ischiojambiers, les muscles situés à l’arrière de la cuisse. »
  • Posez des questions ouvertes qui permettent aux participant·e·s de répondre selon leur point de vue et avec leurs propres mots. Les questions ouvertes aident à éviter d’imposer nos hypothèses ou nos préjugés aux autres. Par exemple, demandez « Comment vous sentez-vous? » plutôt que « Vous vous sentez bien, n’est-ce pas? »
  • Évitez les taquineries ou les commentaires sur les vêtements, la culture, l’âge, le sexe, la silhouette, la condition physique ou les croyances liées à l’activité physique. Ce type de propos, souvent enraciné dans nos habitudes linguistiques et culturelles, peut involontairement blesser et (ou) renforcer des stéréotypes. Faire preuve de vigilance et éviter ce genre de commentaires contribue grandement à promouvoir l’inclusion.

Pensez à un exemple tiré de votre expérience ou observé ailleurs où le langage inclusif n’a pas été utilisé. Comment pourriez-vous reformuler ce qui a été dit pour adopter un langage plus inclusif?

Partie 2 : Les comportements verbaux

  • Évitez d’adopter un ton condescendant ou infantilisant envers les participant·e·s. Par exemple, ne parlez pas avec une voix suraiguë (comme un « langage de bébé ») et privilégiez l’utilisation des prénoms plutôt que des termes affectueux comme « ma chère » ou « mon cher ».
  • Pour aider l’ensemble des participant·e·s à bien vous entendre, vous pourriez avoir à parler légèrement plus fort ou un peu plus lentement que d’habitude, afin de présenter l’information le plus clairement possible. Toutefois, évitez d’exagérer le volume ou de ralentir excessivement votre débit, au risque de paraître condescendant.
  • Lorsque vous n’êtes pas certain·e d’avoir bien compris un·e participant·e, posez des questions ou reformulez ses propos pour clarifier le sens et montrer que vous écoutez activement et souhaitez bien comprendre.

Quels comportements verbaux seraient les plus utiles à intégrer dans votre contexte de travail?

Partie 3 : Le langage corporel

Pour que votre langage corporel transmette des signes d’ouverture et d’inclusion :

  • Évitez ou limitez le fait de croiser les bras lorsque vous parlez avec quelqu’un.
  • Établissez un contact visuel, sans toutefois fixer intensément la personne.
  • Placez-vous face aux participant·e·s lorsque vous leur parlez, en gardant vos lèvres visibles. Il s’agit d’un geste particulièrement utile pour les personnes ayant de la difficulté à entendre.
  • Évitez de démontrer de l’impatience, par exemple en regardant fréquemment votre montre.
  • Soyez conscient·e de ce que vos expressions faciales communiquent, même lorsque vous ne parlez pas.

Parmi les éléments de langage corporel mentionnés ci-dessus, lequel appliquez-vous déjà de manière constante et lequel aimeriez-vous renforcer?

En résumé :

Favoriser le sentiment d’accueil et d’inclusion chez les participant·e·s est essentiel, tant pour les personnes qui découvrent une nouvelle activité physique que pour celles qui la pratiquent de manière continue. Créez des occasions de socialisation et encouragez les interactions entre les participant·e·s tout en cherchant à établir une relation de confiance. Un climat inclusif permet aux participant·e·s de se sentir plus à l’aise d’essayer de nouvelles choses, de se dépasser, de progresser dans l’activité et d’établir une base solide pour offrir d’autres formes de soutien social.

À vous de jouer :

Quel sentiment souhaitez-vous que les participant·e·s ressentent en entrant dans l’espace où se déroule l’activité physique? Que ferez-vous concrètement pour favoriser ce sentiment?